Le Petit Chaperon Rouge fuit le Loup

En ce 8 mars 2022, journée internationale des droits des femmes, j'écris une suite à un article publié l'an dernier "Le Petit Chaperon Rouge sort du bois" que vous pouvez lire ICI.



J'ai failli intituler cet article "Le Petit Chaperon Rouge tue le Loup" car aujourd'hui Le Petit Chaperon Rouge aurait tellement aimé ne pas connaitre le Loup ou plutôt les Loups, c'est donc une mise à mort de ce passé. La reconstruction entamée du Petit Chaperon Rouge sera longue, ce d'autant plus que Le Petit Chaperon Rouge est autiste. Le Petit Chaperon Rouge était donc très vulnérable car il ne savait pas qu'il était autiste. Le Petit Chaperon Rouge n'avait pas les codes, ne connaissait pas les dangers de la forêt, ne savait pas que les Loups pouvaient être des prédateurs qui abuseront de son innocence. La mémoire traumatique s'est réveillée l'an dernier grâce à des témoignages d'autres Petits Chaperons Rouges qui ont connu des abus (le mot est faible) comme Andréa Bescond et le film "Les Chatouilles", Muriel Salmona et le site sur la mémoire traumatique, Vanessa Springora et son livre "Le Consentement", Camille Kouchner et son livre "La familia grande" sans compter les différentes émissions à la télévision dont ce soir sur Arte (Religieuses abusées) ou TMC (soirée Me too). La parole entraine la parole.

Les Loups prédateurs furent nombreux et tous connaissaient Le Petit Chaperon Rouge, qu'il soit enfant, ado ou adulte. Le Petit Chaperon Rouge, autiste et abusé a mis en place des stratégies inconscientes de survie plus que de vie. Aujourd'hui, les stratégies ne suffisent plus car le réveil conscient fait mal. Le Petit Chaperon Rouge aurait aimé avoir tous les outils bien plus tôt pour affronter le monde sereinement.

Il y a vingt ans, un chef d'établissement a dit que ce qui se passait dans la sphère privée devait y rester et qu'il ne fallait pas tout dire. Silence complice d'une société hypocrite.

Il y a vingt ans, une infirmière scolaire ne voyait pas l'intérêt de faire de la sensibilisation pour protéger les filles d'hypothétiques Loups. Sujet tabou à ne pas aborder. Silence complice d'une société qui ferme les yeux.

Il y a vingt ans, un policier a dit que ce n'était pas la peine de porter plainte contre les Loups et qu'un psy suffisait. Silence complice de ceux dont le métier est de protéger.

Certaines personnes disent que ce n'est pas possible de se faire abuser par des Loups prédateurs. Ces personnes ne connaissent pas les mécanismes de la prédation, de l'emprise, du traumatisme. Les prédateurs profitent de la vulnérabilité de certains Petits Chaperons Rouges et la société se tait. La société est complice quand elle ferme les yeux, la société est complice quand elle ne protège pas les plus vulnérables.

Afin que les personnes autistes ne se fassent plus abuser, il faut un diagnostic précoce, seul gage pour connaître les dangers de la vie.

Afin que les prédateurs soient mis hors d'état de nuire, il faut savoir écouter la parole des Petits Chaperons Rouges et donner une suite sérieuse à leurs plaintes ou demande d'aide. Parler est une épreuve douloureuse et longue.

Il faut expliquer aux prédateurs qu'on ne dispose pas d'une femme sans son consentement.


Aujourd'hui, Le Petit Chaperon Rouge est en phase de reconstruction grâce à la libération de la parole.


#metoo , je pourrai multiplier ce hashtag pour chaque Loup abuseur...


Les droits des femmes sont encore un combat, toujours un combat. Je ne baisserai pas les bras.


Anne-Claude

8 mars 2022





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