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Arrêtez le temps ou compter les années


A Marseille, certains disent, "tu me sers un 51" avé l'accent bien sûr. Marseille qui m'a adoptée bien malgré moi lorsque je n'avais pas dix ans et que je suis devenue une enfant de divorcés comme beaucoup de ma génération.


En ce 21 décembre 2023, j'ai 51 ans et je vous jure que ça m'écorche la langue et le cerveau de le dire alors je dis que j'ai 15 ans. Après tout, il n'y a pas d'âge pour parler en verlan !


Ceci dit, je ne voudrais pas revenir en arrière. Je ne veux pas revivre certaines choses. Je ne veux pas être harcelée au collège - je l'ai été- je ne veux pas être abusée par des hommes - la dernière agression date d'il y a deux semaines, c'était quelqu'un que je connaissais bien et qui m'a agressée par surprise, j'ai juste eu le réflexe d'enlever ses mains sans pouvoir parler car sous le choc, car sidérée. J'ai accusée le coup.


Du haut de mes 51 ans, j'ai une dizaine de cheveux blancs, un peu plus dans ma tête.


Mon mari est en maison de retraite depuis ce mois d'octobre car la maladie (démence à corps de Lewy, maladie ayant les symptômes d'Alzheimer et de Parkinson) avançait et que son maintien à domicile devenait difficile. Il en coûte 3000 € par mois, autant dire que ça grève le budget. Je suis pour un service public de qualité pour les maisons de retraite car combien de personnes ont de grosses difficultés pour financer les maisons de retraite ? Trop. Réfléchir à d'autres alternatives...


Mon fils aîné (24 ans) est dans un état dépressif depuis son burn out autisique il y a près de 5 ans, même plus car au collège il s'est fait harcelé, depuis sourire s'est éteint. Je ne peux que me réjouir que les problèmes de harcèlement scolaires soient pris au sérieux, les dégâts sont à long terme malheureusement. Je l'aide comme je peux dans un pays où il est encore difficile de prendre en charge un jeune adulte autiste. Ce mois-ci, pour la première fois, j'ai demandé de l'aide pour la constitution du dossier MDPH de mon fils auprès de la Fédération du Handicap Invisible. Un soulagement. Côté activités, mon fils compose et joue du piano. Il a perdu confiance en lui et ne veux plus jouer devant un public, il joue donc pour lui et pour de rares amis en ligne.


Mon fils cadet (18 ans) s'épanouit grâce au sport, plus précisément les arts martiaux. Il donne des cours d'aïkido. Pour la première fois il est mis en difficultés dans ses études car a quitté le cocon du lycée pour une école d'informatique. Il est en train en plus de prendre pleinement conscience de son autisme. Je l'aide à avancer et à lui redonner confiance.


L'année dernière, jour pour jour, j'écrivais un article où je disais que je souriais à la vie. C'est toujours le cas. J'ai toujours pris le parti d'avancer. J'assume mon autisme, j'en parle pour faire avancer la société, je parle de plus en plus des abus que j'ai subis pour faire avancer la société. Je profite des bons moments, je profite de l'amour. L'année dernière, j'ai rencontré quelqu'un qui m'a redonné ce sourire et qui comme moi a été aidant. Nous nous comprenons sur ce sujet de l'aidance et sur tant d'autres, alors je profite de chaque jour.


Anne-Claude

21 décembre 2023



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