Cadeau d'anniversaire

En ce 21 décembre 2020, c’est certes mon anniversaire (j'ai 48 ans) – semi confiné comme pour beaucoup d’entre vous depuis le début de la crise sanitaire - mais c’est surtout la date que j’ai choisie pour vous faire une annonce. Le meilleur cadeau que vous puissiez me faire est de lire cet article. Je vais faire court. Ceux qui ne me connaissent pas véritablement, pas intimement, seront peut-être surpris.


Il y a un an et demi, après une année de formation pour devenir animatrice d’ateliers d’écriture et après ma convalescence suite mes problèmes respiratoires, j’ai découvert le sens de ma vie, si je puis m’exprimer ainsi. À travers le mot sens, disons que j’ai fait une découverte, pas des moindres, puisqu’à l’époque, à 46 ans, j’ai découvert que j’étais sans doute autiste de type Asperger. Oui, vous avez bien lu. Sur un site internet où je propose un peu de communication, je vous parle de mes troubles autistiques. Il n’y a rien de surprenant car au jour d’aujourd’hui, le grand public, les médecins et autres professionnels ont une vision erronée de l’autisme, surtout en ce qui concerne ce qu’on appelle la partie invisible du spectre, à savoir le syndrome d’Asperger chez les femmes. Je ne suis pas un cas unique. De nombreuses femmes, trop nombreuses femmes découvrent leurs troubles autistiques sur le tard après des années de galère, après un parcours du combattant que je ne peux écrire dans un court article. Il faut dire que les critères de « reconnaissance » se basent principalement sur les hommes. Il en est ainsi dans de nombreux domaines de la médecine.


Après ma découverte, après mon autodiagnostic en juin 2019, je me suis lancée dans une démarche diagnostic officiel. Ça n’a pas été de tout repos, croyez-moi. Découvrir ses troubles autistiques à la quarantaine bien tassée est un bouleversement, un tsunami. Si on m’avait dit ça il y a plusieurs années, je ne l’aurais pas cru par méconnaissance des caractéristiques autistiques possibles chez une femme. Depuis, je me suis renseignée et c’est moi qui explique à mon généraliste ce qu’est l’autisme car lors de leurs études de médecine, peu, trop peu sont ceux qui ont reçu une formation sur l’autisme.


Ma démarche diagnostic officiel a abouti fin octobre 2020. Une étape pour me construire, me reconstruire dans un monde où beaucoup reste à faire en matière de recherche médicale. Avoir un diagnostic officiel d’autiste Asperger n’est pas une fin en soi, c’est un moyen d’aller de l’avant.


Une de mes façons d’aller de l’avant est de sensibiliser comme je peux à l’autisme sous toutes ses formes, principalement les formes invisibles. Certains savent que je suis en train d’écrire un livre sur l’autisme en pensant que je me base sur la vie de mes enfants, diagnostiqués autistes Asperger aussi il y a plusieurs années de cela. En fait le livre que j’écris parle de la découverte de mes troubles autistiques en rendant hommage à de nombreux écrivains. Leurs mots ont murmuré à mes maux pour les atténuer. La littérature y a toute sa place.


En France, l’autisme fait encore partie des tabous, à tort. Mon ambition : contribuer à faire briser ce tabou. Au-delà de mon livre toujours en gestation, des articles comme celui-ci y contribuent. Il y en aura d’autres.

Merci de m’avoir lu, c’est le plus beau cadeau que vous puissiez me faire.


Anne-Claude

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